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Hausse des frais d’inscriptions dans les écoles d’ingénieurs

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Présidence

Le BNEI s’élève contre une augmentation des droits d’inscription sans réflexion globale sur le modèle de financement de l’enseignement supérieur

Les élèves de l’école Nationale des Ponts et Chaussées ont vu leurs droits d’inscription augmenter de plus de 1000 € pour la rentrée 2014. Après les écoles du groupe Mines-Telecom,l’ENPC est un nouvel établissement à augmenter les droits d’inscription.Même dans un contexte de fortes tensions budgétaires, le BNEI ne peut accepter que la seule réponse apportée soit d’augmenter la contribution des étudiants. Les difficultés économiques du pays frappent l’ensemble de la société, y compris et surtout les étudiants défavorisés. Cela ne va pas dans le sens de la diversification sociale des établissements.

Les systèmes d’exonération des droits d’inscription devront être renforcés afin de protéger les étudiants qui se trouvent déjà dans une situation précaire sans pour autant pouvoir prétendre aux aides sociales. Il est crucial d’éviter qu’un étudiant ne puisse candidater à une formation de l’ENPC à cause d’une augmentation des droits d’inscription. Nous encourageons donc l’ENPC à travailler de concert avec les représentants étudiants afin d’adapter au mieux la politique d’aides de l’établissement. Ces représentants étudiants sont au plus près du public concerné et apporteront un regard critique quant aux conditions d’études des étudiants en difficultés.

Les étudiants doivent aussi avoir l’assurance que de telles augmentations ne se reproduiront pas à l’avenir. Nous ne pouvons tendre vers un système anglo-saxon qui amène une génération entière d’étudiants à s’endetter sans à terme être certain de pouvoir rembourser.Bien qu’il soit important de responsabiliser les élèves quant aux coûts réels des formations, il n’est pas souhaitable de faire peser un tel poids sur leurs épaules pendant leur cursus scolaire.Enfin comme annoncée par Armel de la Bourdonnaye, directeur de l’ENPC, cette augmentation vise à « offrir une formation plus innovante sur le plan pédagogique et encore plus ouverte aux différentes thématiques du développement durable.» Nous serons extrêmement vigilants quant au fléchage des fonds dégagés, afin que la formation en soit effectivement bénéficiaire.

Les augmentations successives des droits d’inscription à l’Institut Mines-Telecom puis à l’ENPC révèlent une faille dans le modèle de financement des établissements. Le désengagement progressif de l’Etat leur impose de diversifier leurs ressources. La mise à contribution des étudiants ne reste qu’une vision à court-terme et ce choix ne pourra seul supporter les baisses de dotations ministérielles ni même les baisses de taxe d’apprentissage. Il faut rappeler que les coûts de formations sont payés a posteriori via les impôts et qu’il ne serait donc pas normal d’être mis à contribution à l’entrée et à la sortie de la formation.

Actuellement, au problème global du modèle de financement des établissements ne sont apportées que des solutions locales pour y remédier tant bien que mal. Ce type de réponse ne pourra garantir la pérennité de notre enseignement supérieur et il est désormais plus que jamais temps de s’attaquer en profondeur au modèle de financement des établissements. Il serait grave de laisser au soin des écoles et universités le fait de devoir se confronter et répondre d’elles-mêmes aux problématiques de diversification de leurs ressources. Les établissements ne peuvent apporter seuls LA solution, et c’est pour cela que l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur doivent réfléchir de manière concertée à un système viable.

Nous encourageons donc le MENESR ainsi que l’ensemble des autres ministères de tutelles d’établissements d’enseignement supérieur à s’emparer enfin du sujet des modèles de financement de l’enseignement supérieur. Nous les encourageons à lancer sans plus tarder les concertations auprès de l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur afin de prendre les mesures adéquates dans une stratégie sur le long terme.