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Pour que l’enseignement supérieur reste accessible à tous. Vers la fin du modèle unique français en école d’ingénieur ?

Nous, élèves en écoles d’ingénieurs, sommes inquiets pour l’avenir de l’enseignement supérieur en France. En effet, l’évolution des frais d’inscription envisagée dans nos écoles nous amène à craindre la fin de notre modèle unique qui fait, aujourd’hui, de l’enseignement supérieur un service public de qualité accessible à tous.

Augmenter les droits d’inscription sans limites, comme c’est le cas dans certaines écoles publiques qui appliquent déjà une réévaluation de plus de 300%(1) , reviendra à terme, à s’orienter vers un modèle anglo-saxon où c’est l’usager qui finance ses études à hauteur de 70% environ du coût réel, contre 2% à 3% en France. Cela pose de nombreuses questions quant à l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur, notamment pour les classes moyennes qui ne bénéficient souvent pas de systèmes de redistribution. Des élèves se priveront-ils d’études en ingénierie car elles imposeront un endettement trop lourd pour eux et leur famille ? S’orienteront-ils de préférence vers des formations plus accessibles, mais moins adaptées à leurs attentes ? La France ne risque-t-elle pas de restreindre l’avenir de son ingénierie en se privant d’une diversité de profils et de certaines catégories sociales ? L’argent peut-il être un critère d’accès à une formation public ?

Nos écoles ont besoin de moyens pour fonctionner. Sans résoudre l’inquiétant problème de financement, l’augmentation des frais d’inscription aura de plus de lourdes conséquences sur le quotidien des élèves. En effet, nombreux sont ceux qui, au travers de l’enquête que nous avons mené au début de l’année(2) , nous ont fait part de leur crainte de devoir réduire leurs activités sportives et culturelles et de voir leur endettement ou leur dépendance financière à leur famille augmenter. 78% d’entre eux vont plus loin et affirment qu’ils auraient réfléchi à une autre orientation si leur école présentait des frais d’inscription de 2500 €. Le choix que prend actuellement notre gouvernement ne correspond pas à la société à laquelle nous aspirons. Le financement des études ne peut pas être supporté seulement par les élèves, mais doit l’être également et avant tout par la collectivité qu’ils vont servir. Comme le rappelle le Préambule du 27 octobre 1946 de notre constitution : “La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État”. Au même titre que les étudiants français et européens inscrits dans les établissements publics d’enseignement supérieur relevant du ministre chargé de l’enseignement supérieur, nous demandons que le décret du 21 avril 2019 inclus également l’ensemble des élèves inscrits dans les établissements sous tutelle conjointe.

Il nous faut construire ensemble, dès maintenant, une réflexion avec l’ensemble des acteurs afin de trouver des solutions pour construire un modèle d’enseignement supérieur qui correspond aux attentes de la société. Nous demandons pour cela au MESRI d’ouvrir un groupe de travail en invitant les directions d’établissements, la CDEFI, la CGE, le BNEI et l’ensemble des parties prenantes. La qualité des formations en écoles d’ingénieurs et la réussite des élèves dépendent d’un modèle dont le financement doit être à la fois stable et juste. La France peut et doit se donner les moyens de garder un système d’enseignement supérieur de qualité accessible à tous.
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(1) Tableau « Evolution des droits d’inscription au sein des écoles d’ingénieurs publiques » du rapport de la cour des comptes sur « Les droits d’inscription dans l’enseignement supérieur public »
(2) Enquête menée auprès de 677 élèves ingénieurs entre le 7 février 2019 et le 21 février 2019
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Contact Presse :
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Benjamin ROBERT – representation@bnei.fr
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