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#SexismePasNotreGenre : mesdemoiselles, osez la formation d’ingénieur !

Les mouvements féministes, les lois, les politiques publiques ont permis des progrès considérables. Néanmoins, les inégalités persistent.” énonce le gouvernement sur la page internet du plan d’actions et de mobilisation contre le sexisme, lancé le 8 septembre 2016. Ce constat se vérifie du côté de la formation d’ingénieur : le nombre de filles en écoles d’ingénieurs est en évolution constante (+13,3% depuis les cinq dernières années et +42,2% depuis les dix dernières années) mais elles ne représentent encore que 28,4% des effectifs totaux. Une évolution encourageante, mais une situation encore bien trop insatisfaisante.

Le Bureau National des Élèves Ingénieurs (BNEI) soutient la campagne #SexismePasNotreGenre et invite les filles à dépasser les préjugés et oser une carrière d’ingénieurE !


Bien que les mentalités n’aient cessé d’évoluer face aux discriminations de genre, nous faisons encore face à trop d’inégalités et en particulier un problème de place hiérarchique et un problème de discipline. On entend souvent dire que “les filles sont littéraires et les garçons sont matheux” ou que “ingénieur est un métier d’homme”, comment perpétuer et renforcer une lutte contre des préjugés aussi forts et ancrés mais profondément faux ? Comment expliquer qu’en Terminale S près d’un étudiant sur deux est une étudiante alors qu’en écoles d’ingénieurs elles représentent moins de 30% des effectifs ? Et comment expliquer que cette dernière proportion soit encore si faible alors que plus de trois quarts des diplômés trouvent un emploi en moins de deux mois ?

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Notre héritage culturel ne justifie en rien ces inégalités. Beaucoup de facteurs influencent les jeunes dans leurs choix d’orientation, et qu’il s’agisse des parents et des proches, des médias, ou de ce qu’on peut parfois lire sur internet, l’image des grandes écoles et des études d’ingénieurs est parfois faussée. En conséquence ? Des milliers de lycéen(ne)s qui n’osent pas se renseigner ou se diriger vers la formation d’ingénieur, et en particulier des milliers de filles qui n’en envisagent pas même l’éventualité.

Il est vrai qu’en 1694, l’Académie Française définissait un ingénieur comme « Celui qui invente, qui trace et qui conduit des travaux et des ouvrages pour l’attaque ou pour la défenses des places » et en 1835 comme celui qui « conduit quelques autres ouvrages ou travaux publics, tels que la construction et l’entretien des routes, l’exploitation des mines » mais aujourd’hui il s’agit d’une « personne que ses connaissances rendent apte à occuper des fonctions scientifiques ou techniques actives en vue de prévoir, créer, organiser, diriger, contrôler les travaux qui en découlent, ainsi qu’à y tenir un rôle de cadre » .

Avec désormais plus de 200 écoles d’ingénieurs partout en France, de nombreuses spécialités et d’innombrables spécificités, différentes aides financières disponibles, différentes voies d’accès et une excellente insertion professionnelle à la clef dans des domaines aussi variés que porteurs, pourquoi une telle auto-censure ?


Nous sommes bel et bien face à un réel et actuel enjeu sociétal majeur et dans un monde encore en plein essor technologique, il convient tout d’abord d’encourager et développer la diffusion de la culture scientifique et technique dans la société et en particulier auprès des jeunes (à l’école et en dehors). Cette problématique constitue un premier pas indispensable pour dé-masculiniser l’image du métier d’ingénieur et des sciences.

Pour permettre à chacun et chacune de comprendre le monde de demain, quelque soit le niveau d’étude et la formation, il semble nécessaire de renforcer la connaissance des sciences fondamentales, des techniques et de l’industrie, des nouvelles technologies et du numérique. Ces domaines font partie intégrante de notre quotidien, et seront sans doute de plus en plus importants dans les années à venir, qu’il s’agisse des nouvelles découvertes, du développement industriel, de l’usage des technologies ou bien des débats politiques ou éthiques. La science et la technique constituent un des moteurs principaux du développement, leur apprentissage, loin d’être évidemment suffisant, est nécessaire pour permettre un développement harmonieux et responsable de notre société.


La France a besoin d’ingénieurs, des technologues innovants et responsables, des concepteurs et moteurs du progrès. Cette aventure doit réunir autant d’hommes que de femmes ! Il est donc primordial de lutter contre les préjugés, contre le sexisme et contre l’auto-censure.


C’est au lycée que l’orientation se joue pour les lycéen(ne)s mais on observe encore trop de méconnaissance sur la formation et les métiers d’ingénieurs ainsi qu’une image faussée des grandes écoles. Il convient donc inévitablement de faire évoluer l’image des écoles d’ingénieurs, perçues à tort comme toujours inaccessibles, élitistes et chères par beaucoup de lycéen(ne)s… et leurs parents.

Mais le BNEI invite surtout à :

  • un développement des enseignements scientifiques et techniques au collège et au lycée dans toutes les filières ;
  • un nombre plus important d’établissements proposant le baccalauréat S à dominante sciences de l’ingénieur ;
  • une meilleure information au lycée pour les choix d’étude, notamment sur la variété des voies d’accès, des spécialités, et des débouchés des école d’ingénieurs ;

ainsi qu’à :

  • encourager les écoles d’ingénieurs à déployer, en lien avec les étudiants, des actions de sensibilisations pour l’orientation des lycéens et plus largement à accentuer les travaux conjoints autour du continuum bac -3/+3 (via les schémas directeurs de la vie étudiante des ComUE par exemple puisque cette problématique concerne l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur).

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De nombreuses associations et de nombreux élèves ingénieurs se mobilisent déjà pour encourager les jeunes femmes à s’intéresser au métier d’ingénieur. Des initiatives comme celles présentées à l’occasion du concours Ingénieuses de la CDEFI montrent la nécessité de continuer de lutter contre les idées fausses et d’oeuvrer pour plus de mixité, ainsi que la volonté des étudiants et des écoles d’ingénieurs d’y parvenir.

Les métiers d’ingénieurs aujourd’hui sont bien loin d’être des métiers masculins. Mesdemoiselles, nous avons donc besoin de vous pour déconstruire ces idées fausses, alors osez la formation d’ingénieur !

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