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Oui à une diversification sans complexifications de l’offre de formations technologiques à BAC+3 !

Licences en ingénierie, cursus licence en 3 ans en IUT, bachelors pour les étudiants étrangers, bachelors IUT… Les projets de formation de niveau BAC +3 sont nombreux et variés. Afin de compléter les pléthoriques réflexions qui ont animé l’enseignement supérieur ces dernières semaines, le Bureau National des Élèves Ingénieurs (BNEI) apporte la contribution des élèves ingénieurs sur la problématique des formations technologiques de niveau BAC+3.

Nous constatons tout d’abord que la multiplicité des formations en projets entraîne une complexité évidente pour les étudiants et les acteurs du monde socio-économique, dans un panorama auquel il faut ajouter les licences, licences professionnelles et DUT. Cette liste non exhaustive pousse à s’interroger sur la lisibilité de la carte de formations, qui risque de devenir incompréhensible aux futurs bacheliers, principal public concerné.  
Le BNEI ne propose pas pour autant une quelconque harmonisation des formations technologiques de niveau BAC+3, et soutient au contraire la pertinence de formations innovantes et différenciantes, spécifiques au contexte des établissements. La variété des formations peut s’avérer être un atout pour les futurs étudiants, mais ne doit pas faire perdre de vue l’objectif principal de ces filières : leur adéquation avec les besoins des entreprises, et corollairement, avec l’insertion professionnelle de leurs élèves. Ces nouvelles voies devront répondre à des besoins spécifiques et donc s’ouvrir à des publics adaptés. Ainsi, il convient de conserver les projets pertinents du point de vue de l’employabilité des futurs diplômés.  

Dans le contexte industriel actuel, il convient sans aucun doute de donner les moyens aux établissements d’enseignement supérieur de créer ces formations technologiques intermédiaires dont les entreprises sont demandeuses. De plus, elles peuvent permettre de renforcer les synergies locales à l’échelle des ComUE, garantes d’une carte de formations lisible et visible, en France comme à l’international. Toutefois, le BNEI alerte les différents acteurs de l'enseignement supérieur quant aux conséquences de frais d’inscriptions trop élevés dans ces nouvelles formations. La diversification des offres de formations ne peut se faire au détriment de l'ouverture sociale aux étudiants de tous les horizons. Les formations professionnalisantes sont un tremplin pour l’emploi lorsqu’elles sont accessibles à tous, et viennent ainsi renforcer le rôle d’ascenseur social des établissements qui les dispensent.

Afin d’être à la hauteur des enjeux, il est donc primordial que tous les acteurs engagés dans cette réforme – notamment la CDEFI, la CGE, la CPU et le réseau des IUT – tendent à un consensus afin de pouvoir s’aligner sur le système LMD. Ceci sans pour autant nuire à l’attractivité et à l’insertion professionnelle des formations courtes en deux ans : BTS et DUT d’une part, et celle des grandes écoles de l’autre. Cette réflexion doit être conduite dans un contexte plus large, et impliquer également les acteurs du second cycle. En effet, le lycée doit permettre aux étudiants de s’approprier la diversité des formations technologiques et leurs débouchés, tant en termes professionnel qu’en poursuite d’études. Le BNEI invite donc les acteurs du secondaire à renforcer la diffusion de la culture scientifique et technique dans leurs établissements ainsi qu’à encourager les vocations technologiques chez leurs élèves afin de garantir le succès de ces formations. Cela passe notamment par davantage de classes à dominante en sciences de l’ingénieur, et un renforcement de la place des enseignements technologiques.

En répondant aux nouveaux enjeux socio-économiques, le développement de formations technologiques à BAC+3 cohérentes et adaptées, est une opportunité pour accompagner l’ambitieux défi de la réindustrialisation française.

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