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Interview : Fonds de roulements et frais de scolarité

Suite aux nombreux débats récents sur les frais de scolarité et sur les prélèvements sur les fonds de roulements, l’avis des élèves ingénieurs a été entendu.

Le site spécialisé EducPros et Maxime Gaudubois ont échangés sur le sujet : http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/hausse-des-droits-d-inscription-l-effet-collateral-de-l-affaire-fonds-de-roulement.html

Si le dossier des fonds de roulement a attisé la colère des directeurs(trices) d’écoles d’ingénieurs, il a également eu un effet collatéral : délier les langues au sujet de la hausse des droits d’inscription. Alors que bon nombre de directions plaident en faveur de cette augmentation, le président du BNEI (Bureau national des élèves ingénieurs), Maxime Gaudubois, souhaite trouver des solutions de financement plus « pérennes ».

undefinedL’affaire des fonds de roulement suscite l’émoi au sein de la communauté de l’enseignement supérieur. Comment vous positionnez-vous, vous, élèves ingénieurs ?

Nous déplorons la démarche qui a consisté à cacher le maximum d’informations aux écoles concernées. Il est pourtant indispensable de travailler en toute transparence et en bonne intelligence… L’analyse des fonds de roulement s’est faite en partant du principe que l’argent stocké était de l’argent « dormant ». C’est faux. Les fonds de roulement sont au contraire un indicateur de bonne gestion. Le ministère veut donc taxer les établissements qui gèrent bien leur budget. Finalement, cette situation risque de pousser les écoles à cacher cet argent ou à prendre des risques inconsidérés.

Plusieurs directeurs d’école se prononcent depuis quelques mois en faveur d’une hausse des droits d’inscription… Et la question des fonds de roulement semble amplifier le phénomène.
De plus, une grande partie des fonds de roulement permet de financer des projets ambitieux de long terme. Si les ponctions sont confirmées (de 100.000 euros à 6 millions d’euros), certains investissements devront tout simplement être annulés.

Le sujet revient sur le devant de la scène, c’est certain. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte bien particulier : diminution des revenus issus de la taxe d’apprentissage, contrats de plan État-Région revus à la baisse… Ajoutez à cela le dossier des fonds de roulement, il y a un gros risque que les établissements veuillent récupérer de l’argent via les droits d’inscription. Si les écoles des ministères techniques ont franchi le pas, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur tenait un discours clair : aucune des écoles de sa tutelle ne pouvait augmenter ses droits. Mais un établissement a cassé cette logique. Du fait de sa double tutelle et grâce à des textes flous, Centrale Paris, dans le cadre de sa fusion avec Supélec, a créé un précédent. Cette situation risque d’avoir un effet ricochet sur les écoles du réseau. Pour les Centrales, le verrou a déjà sauté.

Quelles sont vos relations avec les directeurs d’école sur le sujet ?

Nous les mettons en garde : nous n’aimerions pas qu’ils prennent des décisions sans en discuter au préalable avec nous, à l’image de ce qu’a fait le ministère avec eux au sujet des fonds de roulement. Nous sommes convaincus qu’une hausse des droits d’inscription ne résout pas un problème de gestion et que cette solution repousse le problème à plus tard.

Il y a un gros risque que les établissements veuillent récupérer de l’argent via les droits d’inscription.

Parmi les arguments avancés en faveur de cette hausse, il y a le fait de mettre en adéquation le salaire de sortie avec le coût de la formation. Les jeunes ingénieurs gagnent bien leur vie, c’est un fait.

Le fait de payer un diplôme plus cher n’augmentera pas sa valeur. Les écoles d’ingénieurs ont des frais d’inscription très divers : il n’existe aucune corrélation entre qualité du diplôme et montant des frais. Quant à dire que les étudiants gagneront bien leur vie une fois diplômés, certes mais au moment de leur formation ils ne disposent pas de ces fonds. Le risque est de retrouver en école d’ingénieurs deux populations : les boursiers et les élèves très aisés. La classe moyenne n’ayant plus les moyens de payer sa scolarité. Cette situation finirait par donner raison à la réputation – fausse – d’élitisme qui colle aux écoles d’ingénieurs.Nous ne voulons pas subir le sort des écoles de commerce.

Que propose le BNEI ?

Un groupe de réflexion doit être mis en place, pour que toutes les parties prenantes discutent ensemble de façon posée et sereine. Administration, personnels, étudiants… Tous les acteurs ont des idées intéressantes qui méritent d’être écoutées. Il est indispensable deréfléchir ensemble, sur le long terme, pour stabiliser les situations financières de nos établissements.

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