Important
Accueil / Actualités / Représentation / Publications / Communiqués de presse / Les dotations publiques baissent : pas de problème, faisons payer les élèves ingénieurs

Les dotations publiques baissent : pas de problème, faisons payer les élèves ingénieurs

Lettre ouverte à la Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Les dotations publiques baissent : pas de problème, faisons payer les  élèves ingénieurs

Le 6 janvier 2015

Madame la Ministre,

Par la présente, notre association étudiante, le Bureau National des Elèves Ingénieurs, représentative de la filière ingénieur et fédérant l’ensemble des  élèves ingénieurs, s’oppose catégoriquement à la hausse des frais d’inscription à Centrale-Supélec. Choisie, de plus, sans concertation légitime, malgré nos demandes insistantes, avec les principaux concernés par la situation : les étudiants que nous représentons.

Le 02 janvier 2015, vous avez publié un arrêté instaurant une augmentation de près de 1950 euros des frais d’inscription pour les élèves ingénieurs de Centrale Paris pour l’année 2017-2018, soit une hausse de plus de 300% en deux ans. Ces tarifs sont consécutifs à l’alignement des frais d’inscription sur ceux déjà exigibles à Supélec, anciennement sous statut privé. Augmenter les frais d’inscription n’est qu’une solution temporaire qui ne résout en rien les problèmes de financement des écoles. Les prochaines baisses de dotation publique vont-elles être répercutées année après année sur les étudiants ? Il est absurde d’un côté de critiquer les écoles pour leur soi-disant élitisme social et d’un autre côté de les contraindre sans réflexion globale à prendre des mesures qui ne pourront que les forcer à créer une sélection par les moyens.

Massive et soudaine, elle n’est pas exceptionnelle puisqu’elle suit celle de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et de l’Institut Mines-Télécom. Des étudiants des classes moyennes de plus en plus nombreux ne pourront accéder aux formations non pas pour des raisons académiques ou intellectuelles, mais pour des raisons financières. Cela n’est pas normal. Cette situation contribue à fragiliser davantage notre ascenseur social et risque de contraindre un certain nombre de candidats à l’emprunt bancaire.

Le BNEI a pleinement conscience des actuelles contraintes budgétaires de l’Etat, mais nous ne pouvons souscrire à une hausse des frais d’inscriptions comme unique réponse. Afin d’éviter que cette solution de facilité ne soit suivie par de plus en plus d’écoles, nous souhaitons qu’une réelle réflexion sur le modèle économique des écoles d’ingénieurs soit menée, en intégrant l’ensemble des ressources possibles telles les subventions publiques, la taxe d’apprentissage, la formation professionnelle, les contrats de recherche, les frais d’inscription, le financement direct par les entreprises, …

Afin d’aborder plus en détails nos propositions et contributions sur cet enjeu, nous sollicitons une rencontre auprès de votre cabinet pour échanger à ce propos.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de mon profond respect et de toute ma considération,

Raphael S. Costa

Président du BNEI

Retrouvez la version numérique :

LettreOuverteBNEI 2015

Regardez aussi

Pour que l’enseignement supérieur reste accessible à tous. Vers la fin du modèle unique français en école d’ingénieur ?

Nous, élèves en écoles d’ingénieurs, sommes inquiets pour l’avenir de l’enseignement supérieur en France. En …