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BNEI – La réforme de V.Peillon sur les CPGE menace la qualité de ses enseignements et de rendre la filière ingénieur plus élitiste

La réforme de V.Peillon sur les CPGE menace la qualité de ses enseignements et de rendre la filière ingénieur plus élitiste

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) scientifiques regroupent 42200 étudiants amenés à poursuivre leurs études dans des établissements proposant des formations de haut-niveau et reconnues par l’ensemble du monde professionnel. 80% des étudiants de CPGE scientifiques sont reçus en école d’ingénieur, ce qui représente pour ces écoles 41% de leur recrutement.

Cette réforme touche donc, non seulement les élèves des CPGE scientifiques, mais aussi toute la filière aval puisqu’elle possède des implications qui remettent gravement en question l’organisation du cycle CPGE et du vivier de recrutement des écoles d’ingénieurs.

Il est actuellement proposé que les effectifs des classes dont le lien avec la charge de travail des enseignants n’est plus à démontrer, ne soient plus pris en compte dans le calcul de leur temps de travail. Le BNEI redoute que la qualité des enseignements proposés aux élèves de CPGE ne s’en ressente et que cette réforme ne provoque une diminution significative des effectifs en CPGE scientifique.

En effet, les élèves ingénieurs conservent bien souvent un très bon souvenir des enseignements dispensés en CPGE, et les enseignants de classes préparatoires font partie généralement des enseignants les plus investis dans leur formation qu’il leur ait été donnée de croiser. Le travail fourni pour le suivi et l’accompagnement des élèves est nécessairement corrélé aux effectifs de classes. Le travail en termes d’accompagnement des élèves dans les TIPE, dans les TD, la correction des copies de devoirs de 4 heures et leur annotation personnalisée, et le suivi individualisé offert par le système des interrogations orales hebdomadaires, voilà autant d’aspects de l’enseignement en CPGE qui sont liés aux effectifs des classes. Par ailleurs, les objectifs de progression du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur ne peuvent aller dans le sens d’une diminution des effectifs en classes en CPGE, diminution rendue inévitable par cette réforme. L’investissement des enseignants doit être valorisé or nous craignons que cette réforme ne constitue un signal fortement décourageant pour les enseignants et ne nuise à la qualité des enseignements dispensés en CPGE scientifiques.

La réforme aura aussi un impact au niveau de la sélection en entrée de cursus. Si l’accompagnement d’une classe de 48 élèves n’est pas valorisé par rapport à celui d’une classe de 35 élèves, la tendance ira naturellement à la baisse des effectifs. Nous craignons que cette mesure conduise les CPGE à recalibrer leurs recrutements. En effet les équipes pédagogiques seront inévitablement tentées de réduire les effectifs des classes, effectifs désormais sans impact sur la rémunération de l’enseignant et pourtant toujours étroitement liés à sa charge de travail. Cette diminution des effectifs introduira inévitablement une sélection accrue. Alors que beaucoup trop régulièrement qualifiées à tort de formations élitistes et coûteuses, les CPGE risquent aujourd’hui, contre leur gré, de bel et bien le devenir. La formation d’une classe de 36 élèves ne coûte pas beaucoup moins que la formation d’une classe de 48. Nous sommes ici en train d’augmenter artificiellement le coût par élève de la formation en CPGE en réduisant les effectifs des classes, coût qui ne manquera pas d’être dénoncé par les opposants aux CPGE. Les élèves ingénieurs venant des CPGE ne veulent ni de cette augmentation des coûts ni de l’augmentation de la sélectivité de leur filière.

Enfin, une diminution des entrées entraîne obligatoirement une diminution du nombre d’étudiants sortants. Les écoles d’ingénieur, qui, nous le rappelons, recrutent 41% de leurs étudiants en CPGE pourraient se retrouver avec des effectifs incomplets. Elles seront alors bientôt dans l’incapacité de répondre aux besoins du monde professionnel. Actuellement 32000 ingénieurs sont diplômés par an. D’une telle réforme pourtant en apparence bien en amont de la filière ingénieur s’ensuivra une perte colossale pour le dynamisme pour l’ensemble de la filière.

BNEI – Communication – CDP – CPGE

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