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La Lettre des Elus Centraux 2008/2009 – Numéro 4

Bonjour,

Et de quatre ! Cela devient désormais une habitude. Cette fois-ci c’est de l’impact de la LRU sur nos écoles, et surtout de la mission confiée par Valérie Pécresse à Christian Philip dont il sera question dans la « Lettre des élus ». En effet, cette mission Philip va définir les contours de ce qui peut constituer un changement majeur et lourd d’implication pour notre formation. Des conclusions de cette mission, qui a carte blanche pour imaginer les voies sur lesquelles pourrait avoir à s’engager notre filière, dépend grandement l’avenir de nos écoles dans les années à venir. Bien évidemment le BNEI suit cette commission de près et œuvre à la représentation de la filière ingénieur, mais sur ce sujet votre participation est essentielle. En effet, à l’heure où le gouvernement engage notre formation dans une réflexion profonde sur son éventuelle mutation, il est plus que jamais important pour les élèves ingénieurs de pouvoir se faire entendre. Je vous engage donc, dans un premier temps à participer aux discussions que nous avons sur ce sujet, afin d’apporter votre éclairage qui viendra enrichir nos propositions, et dans un deuxième temps, à permettre à notre filière d’avoir les moyens de les porter en lui donnant un place au CNESER. Aussi, à partir du 27 juin et jusqu’au 7 juillet votez. Néanmoins, en attendant je vous propose de vous pencher de manière plus approfondie sur le sujet en prenant connaissance des informations ci-dessous.

Un peu d’Histoire…

Avant la loi Edgar Faure de 1969 qui fonde l’Université comme nous la connaissons aujourd’hui, l’Enseignement supérieur se compose de facultés indépendantes entre elles qui se jalousent et sont en « compétition » et des grandes écoles. Depuis 1969, puis 1984 avec la loi Savary qui fixe notamment la composition des conseils, notre système d’enseignement supérieur n’avait connu aucune évolution majeure, plusieurs ministres s’y sont cassé les dents… Idée sous jacente permanente : le rapprochement écoles université. Question : qui se rapproche de qui ?

LRU : la réforme attendue

Pourtant en juillet dernier la réforme tant attendue s’est faite, même si elle n’était pas à la hauteur de nos attentes, débouchant sur la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) Les lignes fortes de ce texte invitent l’université à, nous l’espérons, une nouvelle dynamique. Les attentes étaient très fortes au sein de la communauté universitaire, le résultat certainement en deçà des attentes des étudiants notamment, mais les avancées sont là.

Les plus :

Le gouvernance est réformée et renforcée, pour plus d’efficacité. Elle est ouverte sur les personnalités du monde socio-économique. La gestion des ressources humaines et du budget globalisé constitue une avancée du texte de loi : l’université pourra dès lors réellement assumer son autonomie! Du côté de la vie étudiante, plusieurs recommandations de PDE ont été reprises : la création du poste du vice-président étudiant, la formation des élus en conseils et la mise en place du bureau d’aide à l’insertion professionnelle.

Les moins :

Le texte réduit la représentation étudiante au conseil d’administration, il n’intègre pas les étudiants au sein de l’exécutif universitaire (VPE rattaché au CEVU) et n’aborde pas la problématique des politiques de site. L’affirmation d’une autonomie renforcée aurait du, en effet, être l’occasion d’une responsabilisation aboutie de la gouvernance universitaire et permette aux établissements de pouvoir peser sur les réflexions structurelles au niveau régional.

Et les écoles dans tout ça ?

Si ce texte réforme principalement les universités, certaines parties du texte ont été étendues à l’ensembles des EPSCP et les EPA : gestion des ressources humaines, du budget global, du patrimoine immobilier. Cependant, le texte n’impose aucune modification de la gouvernance aux écoles (composition du CA, VPE, rôle des différents conseils) !

Ecole – Université : un amour impossible…

« La dichotomie de notre système d’enseignement supérieur est le résultat de cet antagonisme structurel entre professeurs et élèves et entre enseignement de culture et enseignement utile »* Ainsi la distinction entre grandes écoles et universités est héritée de l’Histoire, qui a forgé deux cultures différentes quasiment impossible à fusionner. En s’inspirant du fonctionnement des grandes écoles, la LRU a permis aux universités de gagner en autonomie et initie un rapprochement structurel de ces deux grands modèles d’enseignement. Par ailleurs depuis la loi Faure les formations enseignées à l’université ont évolué, donnant naissance aux premiers cursus à finalité professionnelle (Licences Pro, Master Pro). Cela fait donc à peine 40 ans que l’Université a pour mission de former les étudiants à un métier…

Deux systèmes pas si hermétiques :

  • Depuis 2003, la mise en place du LMD permet aux écoles de délivrer des grades de Master et de Doctorat, des équivalences voient ainsi le jour.
  • Les concours d’entrée aux grandes écoles sont ouverts aux élèves des universités sur dossier
  • Enfin c’est en matière de recherche que les mutualisations sont les plus importantes avec des écoles doctorales et des laboratoires de recherche communs.
  • Plus récemment avec la loi sur la recherche, la naissance des PRES montre la voie des coopérations écoles universités au niveau régional.
  • Certaines expériences ont également vu le jour dans certaines écoles rattachées à des universités, comme à Paris VI avec des cursus mixte.

Mission Philip ou comment rapprocher écoles et universités

C’est dans ce contexte que M. Philip a été chargé, par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, d’une mission sur le rapprochement entre les écoles et les universités. Ce rapprochement est une réalité, maintenant il vous appartient, dans une dynamique de réflexion commune avec le BNEI de veiller à ce que le niveau d’excellence de nos écoles soit conservé, à ce que l’évolution de nos formations ne soit pas freiné (l’extension de la LRU aux écoles ne s’est pas faite sans peine…). Surtout ne pas subir un nivellement par le bas. Au travers de cette réflexion ce sont des questions fondamentales pour nos formations d’ingénieurs sont en jeux : spécificités de nos formations ? Existence de la CTI ? Ouverture au monde socio-économique ? Rattachement des CPGE à l’Université ? Devenir des écoles universitaires ? Gouvernance de nos écoles, … Les écoles et les universités se connaissent très mal, en tant qu’élus en école, il est de votre devoir de vous saisir de ces problématiques et de réfléchir ensemble au visage à donner à notre système d’enseignement supérieur. D’autant plus que si nous ne nous saisissons pas de ce sujet en nous montrant proactifs dans cette démarche, d’autres le feront à notre place et nous subirons. Dans ce contexte, notre représentativité est donc essentielle pour avoir voix au chapitre et pouvoir relayer l’avis des élèves ingénieurs sur une évolution lourde de l’enseignement supérieur. Il est ainsi primordial pour notre filière d’être représentée au CNESER.

*Extrait de « Vous avez dit matière grise ? » Claude allègre

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Lettre des Élus n°4 – Août 2012

Cher(e)s élu(e)s élèves ingénieurs,  
 
En ce début de mois d’août, les élèves ingénieurs engagés n’ont toujours pas trouvé le temps de se reposer. En effet, ce mois est celui de la préparation de la rentrée dans toutes nos  écoles. Reconnues en tant que leader de l’organisation d’évènements, nos associations savent se mettre en valeur à la rentrée afin de permettre à chacun de se sentir à l’aise et en possession de tous  ses moyens pour réussir son année dans un bon environnement.
 
Dans cette lettre, nous verrons comment profiter de cett  rentrée pour vous mettre en avant, vous, les élus. Nous ferons ensuite un petit panorama des outils qui sont à votre disposition  ainsi que de ceux que vous pourriez mettre en place. Enfin, nous ferons un retour sur les élections CNESER qui ont montré le rôle décisif des élus de nos établissements.