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La Lettre des Elus Centraux 2008/2009 – Numéro 3

Bonjour,

Troisième opus de la série, ce numéro de la « Lettre des élus » traite d’un thème bien connu dans notre filière, mais qui pourtant n’est pas encore une évidence, ni partout, ni pour tous. Il s’agit de la démarche qualité et de l’amélioration continue. Comme tu le sais sans doute, cette démarche est ancrée dans notre formation et c’est un des éléments sur lequel appuie la Commission des Titres d’Ingénieur [CTI] lors de ses audits périodiques. En effet, pour s’assurer d’être en phase avec ce qui est attendu d’un ingénieur dans le monde du travail, notre formation doit savoir évoluer et s’auto-évaluer. Dans ce processus, en étant au centre de la formation, les élèves ingénieurs ont un rôle essentiel et il est donc important qu’ils soient impliqués dans l’amélioration continue de leur filière. Cela est vrai à l’échelle d’un établissement, et c’est le rôle des élus de s’en assurer, mais c’est tout aussi vrai au niveau national au sein du CNESER. C’est une des raisons pour lesquelles il est important pour la filière ingénieur d’avoir un représentant élu dans ce Conseil National. Il ne tient donc qu’à toi pour que cette année encore, comme depuis 1996, le BNEI y ait un représentant. Ne rate pas l’occasion qui t’est donnée d’assurer à la filière ingénieur d’être présente au CNESER. Entre le 27 juin et le 7 juillet pense à voter.

Introduction à la Qualité : lien avec l’enseignement supérieur

La démarche Qualité est un concept né de l’Industrie visant à rationaliser les coûts et augmenter la confiance du client / consommateur. Pour fournir un produit ou une prestation de « bonne qualité », le fournisseur identifie et stabilise les processus permettant la fabrication du produit ou la réalisation de la prestation. Il identifie les non conformités potentielles et les actions correctives associées. Pour cela, un ensemble d’indicateurs représentatif du fonctionnement du processus est établit. La démarche doit être réactive, mais aussi préventive, avec le suivi des dérives du processus qui permet l’anticipation des corrections. Dans les années 2000, l’identification des exigences clients a été associée à l’identification du processus, afin de conduire à un système bouclé : l’amélioration continue. Il ne s’agit plus de garantir le processus, mais de l’adapter aux besoins et d’introduire la notion subjective de satisfaction client. Simplifiée et appliquée à l’enseignement supérieur, cette démarche vise à l’amélioration constante des formations et leur mise en adéquation par rapport aux élèves d’une part, mais également avec l’aval, c’est-à-dire le monde professionnel. C’est cette démarche aujourd’hui reprise dans l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur [E3S] qui est le leitmotiv des écoles d’ingénieurs depuis 20 ans.

Démarche CTI

Créée en 1934, la Commission des Titres d’Ingénieur [CTI] devait à l’origine réguler la création de formations conduisant au Titre d’Ingénieur Diplômé (protégé par la Loi). Dès le départ, elle s’appuie sur un système rigide : le référentiel, et sur une notion qualitative : l’évaluation par des experts, ie des personnes dont l’autorité et la capacité de jugement est reconnu par les pairs. La démarche d’habilitation est la première étape de l’Assurance Qualité qui consiste à donner confiance aux employeurs et aux élèves qui s’engagent dans cette voix sur le fait que les diplômés seront formés dans des conditions qui garantissent leurs compétences. Cette garantie est donnée par la tutelle pour qui la CTI joue le rôle d’expertise.
Ce n’est que dans les années 90, que la démarche de suivi du processus est mise en place, avec l’habilitation périodique (sur 6 ans). Cette démarche conduit naturellement vers l’amélioration continue avec le modus operandi évaluation / recommandation.
La démarche interne de Qualité dans les écoles est systématisée avec le premier guide d’autoévaluation édité en 2004.

Autoévaluation

La mise en place de l’autoévaluation a pour premier objectif de placer la démarche Qualité au cœur du processus de formation. Les écoles qui ont intégré la Qualité depuis longtemps en tant que discipline, voire comme fil conducteur de l’enseignement doivent mettre en pratique la théorie.
Le second objectif est d’améliorer l’efficacité de la visite CTI qui devient un support garantissant le fonctionnement de la démarche Qualité interne. L’autoévaluation permet de lisser le travail à réaliser pour l’audit et dynamise la démarche Qualité en compartimentant les axes d’évolution et en multipliant les indicateurs. C’est ainsi un moyen d’assurer un pilotage fin de la formation dispensée toujours orienté vers un souci de continuelles innovation et amélioration de la pédagogie, du contenu, et des moyens.
Le guide d’autoévaluation est disponible sur le site de la CTI.

Références & Orientations

Toute démarche Qualité doit s’appuyer sur un référentiel qui détermine ce qu’est le produit, le processus et la démarche d’évaluation. Référence & Orientation est donc divisé en trois parties, afin de présenter les caractéristiques des métiers de l’ingénieur, les particularités de la formation et le déroulement de l’audit.
Le premier volet résume les compétences et connaissances fondamentales prêtées aux ingénieurs ou nécessaire dans le cadre professionnel actuel. La composition paritaire de la CTI (académique / socio-économique) permet d’évaluer les besoins dans le temps et d’anticiper leur évolution. En France, ces critères restent volontairement ouverts pour permettre l’émergence de nouvelles formations comme l’Ingénieur paysagiste [ENSNP, Blois].
Le second volet est plus détaillé puisqu’il renvoie au processus de formation. Ainsi la formation des ingénieurs doit comporter des connaissances académiques (cours, auto apprentissage) entrecoupées de mises en pratique plus techniques (TP, stages) et s’appuyer sur la Recherche et l’Industrie. R&O insiste aussi sur l’identité forte de l’établissement habilité, même quand celui-ci est une composante interne, sur le développement de la vie des élèves (activités associatives, sportives et culturelles) et sur le suivi des diplômés.
Le troisième volet détaille le dossier d’habilitation, la visite et les critères d’évaluation. L’équipe est mixte (académique / socio-économique) et composée de deux à quatre personnes. De manière régulière un élève ingénieur proposé par le BNEI participe à l’audit afin d’apporter la vision des usagers.

EURopean ACcredited Engineer [EUR-ACE]

La confiance dans l’ingénieur français ne doit plus se faire uniquement au niveau de la France, mais bien à l’International. La CTI travaille donc à la reconnaissance mutuelle des diplômes et à l’harmonisation des référentiels. Dans cette optique, la CTI entre elle-même dans une démarche Qualité et se fait auditer par d’autres organismes d’évaluations.
Le label EUR-ACE permet d’identifier les diplômés ingénieurs dont l’organisme d’habilitation a validé les critères communs de fonctionnement. En France, ce label est accordé aux écoles habilitées pour la durée maximale, ie 6ans.
ENQA est le réseau européen pour l’assurance qualité à travers lequel sont définis les critères communs de fonctionnement des agences nationales d’évaluation. La CTI a été accréditée à délivrer le label EUR-ACE par ENQA, suite à son évaluation par NVAO, l’équivalent néerlandais de la CTI.

Certification des processus des établissements

Une autre démarche apparaît dans les écoles qui est indépendante de l’habilitation des formations et résulte plus d’une démarche marketing. La certification ISO des processus administratifs internes, qui permet notamment aux gros établissements de lisser et garantir le fonctionnement de tous les services. Cette démarche est à destination des usagers et des personnels.

Conclusion

La démarche Qualité tend à devenir une évidence dans l’enseignement supérieur. L’autonomisation des établissements et la concurrence accrue entre les systèmes pousse au développement de labels (pour la communication) et d’habilitations (pour la confiance). Les formations françaises d’ingénieurs sont moteurs dans ces réformes. En tant qu’élus étudiants, vous devez vous investir dans le processus d’autoévaluation et participer activement à la définition des indicateurs qui permettront de juger au mieux de la performance et de la qualité de votre école.

Regardez aussi

Lettre des Élus n°4 – Août 2012

Cher(e)s élu(e)s élèves ingénieurs,  
 
En ce début de mois d’août, les élèves ingénieurs engagés n’ont toujours pas trouvé le temps de se reposer. En effet, ce mois est celui de la préparation de la rentrée dans toutes nos  écoles. Reconnues en tant que leader de l’organisation d’évènements, nos associations savent se mettre en valeur à la rentrée afin de permettre à chacun de se sentir à l’aise et en possession de tous  ses moyens pour réussir son année dans un bon environnement.
 
Dans cette lettre, nous verrons comment profiter de cett  rentrée pour vous mettre en avant, vous, les élus. Nous ferons ensuite un petit panorama des outils qui sont à votre disposition  ainsi que de ceux que vous pourriez mettre en place. Enfin, nous ferons un retour sur les élections CNESER qui ont montré le rôle décisif des élus de nos établissements.